Vous l’aurez peut-être entendu autour de vous tellement l’identité coopérative s’est construite autour de cette valeur fondamentale : « Produire en coopérative, c’est démocratiser le travail ».
Et pourtant, malgré les très nombreuses campagnes de communication visant à matraquer cette injonction à tou⋅tes les salarié⋅es du privé comme du public, dans les faits rien n’est plus faux. Déjà, comme nous l’avons vu, tous les modèles de coopérative ne se valent pas en terme de pouvoirs réels donnés aux salariés, et les rares expériences de coopératives de travail qui maintiennent une culture démocratique ont toutes un point commun : elles ont moins de 50 salarié⋅es. Et encore…
Une des raisons est que les cadres et les ouvriers tendent à avoir des visions différentes de ce qu’est la « démocratie au travail ».
- Les cadres, habitués aux fonctions de gestion, à leur jargon, à leur culture, à leurs enjeux, qualifient de démocratique le fait d’être associé aux fonctions stratégiques, donc la participation aux AG, au CA, etc.
- Les ouvrier⋅res – ou opérationnel⋅les – cherchent plutôt une certaine latitude dans leur travail concret, à être associé⋅es à la définition de leurs tâches, de leur contenu, de leur finalité. Bref, iels souhaitent faire valoir leur expérience sensible du travail réel sur les critères qui caractérisent l’organisation de ce travail.
En résumé, sans trop de surprise, on comprend que par « démocratie », chaque travailleur⋅se entend « augmentation de son pouvoir d’agir sur la définition de ses conditions de travail ».